La lecture comme acte de résistance

Publié le par Antoine Boulad

Dès la cessation des bombardements israéliens, d’étonnantes banderoles ont fleuri dans les rues dévastées de la banlieue Sud de Beyrouth. Etonnantes, en ce sens qu’elles renversaient l’échelle de valeurs de ce qui se considère généralement comme prioritaire au Liban!

Cibler la lecture comme un objectif national au milieu du carnage et des décombres, des pelleteuses, des bétonneuses et des marteaux piqueurs de la reconstruction et au milieu des cœurs à recoudre, constitue une vision inédite de la chose publique à laquelle, nous, les militants du livre, nous ne pouvons qu’applaudir !  Assimiler l’ignorance (le fait de ne pas lire) à une défaite devant l’ennemi au moment où sonnent les clairons de la victoire, est un message fort et audacieux en terre arabe. Rappeler que d’autres fronts subsistent où le combat n’est pas moins héroïque que celui de la résistance armée, est une percée avant-gardiste à l’honneur de notre société meurtrie mais fière.

 

Cependant, ce n’est pas avec de tels bourgeons de bonnes intentions que le jardin poussera !  Il faudrait évidemment que les municipalités et les instances publiques soutenues par les associations et les organisations non gouvernementales mettent la main à la pâte pour les traduire en plans d’action.

Y a-t-il l’ébauche d’un tel projet de sauvetage ?

 

Telle est la vraie question.

 

Antoine Boulad


 

 

 (Photo Antoine Boulad, septembre 2006)

Banderole jaune :

"la lecture doit devenir une habitude et une tradition dans la vie de la nation (umma)"

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